Les AOP (Appellations d'Origine Protégée) ne sont pas seulement des outils marketing ou des garants de qualité ; elles sont avant tout des contrats collectifs, héritage de l’histoire viticole, gravés dans la réglementation comme dans la mémoire locale. L’un de leurs rôles premiers : établir la liste, par cépage et souvent par proportion, de ce qui entre dans l’assemblage d’un flacon estampillé de leur nom.
Dans l’Hérault, où convergent les influences du massif central, de la Méditerranée et des siècles de brassage ampélographique, les cahiers des charges font souvent la part belle à une poignée de variétés dominantes : Grenache noir, Syrah, Mourvèdre, Cinsault, Carignan noir pour les rouges ; Grenache blanc, Clairette, Marsanne, Roussanne, Bourboulenc et Vermentino pour les blancs.
Les cépages historiques, eux, y tiennent une place parfois restreinte, parfois honorifique, exception faite de la Clairette du Languedoc, une AOP bâtie autour d’une seule variété. Mais d’autres, qui ont jadis façonné la silhouette des coteaux, n’y figurent plus, ou ne survivent que dans la catégorie "cépages accessoires", autorisés en faibles proportions. Selon le site de l’INAO, la règle générale dans les AOP héraultaises est souvent de limiter ou d’exclure l’utilisation de ces variétés “oubliées”.