Pour l’identité et la singularité des vins de l’Hérault
Fuir la standardisation, revendiquer un vrai goût de terroir, distinguer sa production sur un marché mondial saturé d’arômes préfabriqués : telle est la première motivation évoquée par les vignerons novateurs. Le Terret, la Counoise, le Morrastel ou le Piquepoul noir révèlent, chacun à leur façon, des profils aromatiques inattendus, parfois plus délicats, souvent plus vibrants que les assemblages “internationaux” classiques. Ils autorisent des styles de vins différents, plus frais, parfois moins alcoolisés, plus proches des attentes nouvelles des consommateurs.
Comme le résume Olivier Jullien, pionnier de la renaissance de ces variétés à Jonquières : “La singularité, ça a toujours été la force d’un terroir, pas la copie.” (La Revue du Vin de France, 2021)
Pour la résilience face au changement climatique
Le contexte climatique impose de repenser le vignoble. Les cépages autochtones et anciens, forgés par des siècles de sélection paysanne, offrent souvent une meilleure adaptation à la sécheresse, une maturité plus étalée et une plus grande résistance aux maladies. Le Rivairenc, par exemple, affiche une précocité qui réduit le risque de stress hydrique. Le Terret blanc et le Bourboulenc, tardifs et robustes, conservent leur fraîcheur jusque tard dans la saison, alors que la Syrah ou le Merlot subissent la chaleur.
La recherche viticole en Occitanie confirme que ces variétés montrent, en moyenne, un besoin en eau inférieur de 10 à 30 % par rapport aux cépages “modernes” (IFV Occitanie).
Pour la biodiversité et la santé des sols
Multiplier les cépages, c’est enrichir la trame vivante du vignoble. En diversifiant le matériel végétal, on réduit la vulnérabilité aux maladies, on favorise l’installation d’une microflore plus variée, et on ouvre la voie à des pratiques agroécologiques plus globales. Cela permet aussi d’éviter le recours systématique à la chimie, la biodiversité jouant son rôle de “barrière vivante”.