Longtemps, les vignobles de l’Hérault ont été un véritable kaléidoscope variétal. Dans l’entre-deux-guerres encore, chaque village, chaque coteau, semblait avoir ses cépages de prédilection forgés par la main du temps et la patience des hommes. Rien de figé, rien d’uniforme : la nature du sol, l’exposition, jusqu’à la main qui taille, tout cela dictait des choix différents. Les anciens récits, les poésies locales, les registres d’hectares plantés témoignent d’une foisonnante diversité.
À la fin du XIXe siècle, près d’une centaine de cépages composaient l’iris du vignoble héraultais. Parmi eux, beaucoup étaient autochtones : Terret noir et Terret gris, Piquepoul noir, Oeillade noire, Aspiran, Bourboulenc, Rivairenc, ou encore le Carignan blanc, pour n’en citer que quelques-uns. Ces variétés cohabitaient avec des cépages venus d’ailleurs – le Mourvèdre ou la Clairette, souvent importées via les échanges avec l’Espagne ou la Provence.
Depuis le Moyen-Âge, le Languedoc a joué le rôle de carrefour, accueillant et acclimatant, métissant vin et identité locale (Vin Vigne).
- Le Teral, cépage rouge précoce, fut longtemps apprécié pour sa rusticité et sa capacité à donner du fruit sous la chaleur.
- L’Aspiran noir apportait finesse et parfums, dans une belle robe claire, typique de certains rosés et rouges d’antan.
- L’Oeillade noire séduisait par sa légèreté et ses arômes frais.
- Le Terret (noir, gris, blanc) permettait des assemblages subtils, tantôt charnus tantôt tendus selon les pratiques.
Ce foisonnement n’était pas qu’une fantaisie. Il répondait, saison après saison, aux caprices du climat, à la menace de maladies, à la diversité des goûts. Mais cet équilibre allait vaciller.