Résistance à la sécheresse et production généreuse
Le premier secret de longévité du cinsault, c’est sa capacité à s’épanouir là où d’autres fléchissent. On le dit rustique, mais ce serait oublier son intelligence : il puise dans les sols, supporte la sécheresse estivale qui ruine tant de récoltes ailleurs. Ses grappes amples, à peau fine, sont moins sensibles à la chaleur que le grenache ou le mourvèdre. Dès lors, la fidélité entre l’Hérault et ce cépage s’explique à la fois par une adaptation climatique et par la vaillance d’un raisin qui ne déçoit pas.
Son rendement naturel élevé (parfois plus de 90 hl/ha dans les terres favorables, même si la moyenne qualitative actuelle se situe entre 45 et 60 hl/ha selon l’INAO) a longtemps assuré une sécurité économique aux coopératives et aux petits domaines. Un atout historique, qui a permis de traverser sans trop de dégâts les crises agricoles et les évolutions du marché.
Facilitateur de rosés lumineux et désaltérants
Si le cinsault est partout dans les rosés de l’Hérault, c’est aussi parce qu’il s’y prête à merveille. Il offre des vins peu colorés malgré son aptitude au soleil, ce qui répond à l’attente croissante d’un rosé “pâle”, cristallin, dont la robe évoque la fraîcheur. Le cinsault assemble une acidité discrète, une souplesse naturelle et une absence de tanins agressifs : on retrouve ainsi le mythique “vin de soif” languedocien, ni lourd ni acide, ni trop complexe ni simpliste.
Les arômes de fruits blancs, de grenade, d’amande fraîche et de fleurs sèches se manifestent. Mais la vraie patte du cinsault dans le rosé héraultais, c’est sa capacité à donner un toucher de bouche rond, caressant, presque gouleyant qui fait merveille à l’apéritif comme sur une brasucade d’été. Ce style s’est imposé auprès des amateurs, bien au-delà de la région ; la Provence s’en inspire désormais, certaines maisons du Var mettant le cinsault au même rang que le grenache (Vins de Provence).