L’Hérault traîne parfois l’image d’un pays de gros volumes, marqué par le souvenir de la crise phylloxérique puis du vin de masse qui a longtemps fait la réputation, pas toujours flatteuse, du Languedoc. Mais entre les années 1980 et la décennie actuelle, le vignoble s’est lancé dans une mue profonde. D’un côté, des appellations (AOC/AOP) affinent leurs cahiers des charges, parfois au prix d’une forme de standardisation, et de l’autre, la catégorie IGP cristallise une dynamique résolument ouverte.
Issue de la réforme de l’ancienne catégorie « vins de pays », l’IGP offre un cadre flexible, ouvert à l’innovation, tout en garantissant un lien territorial clair. Dans l’Hérault, cette souplesse permet la plantation ou la réintroduction de cépages délaissés après la crise du phylloxéra ou marginalisés par les choix de productivité, comme l’Aramon, le Terret, le Carignan blanc, le Piquepoul noir, ou encore la Clairette rose.
L’évolution s’est accélérée depuis les années 2000, portée par une double prise de conscience : d’une part, la richesse patrimoniale du cépagement traditionnel héraultais, d’autre part, la nécessité de diversifier et d’adapter le vignoble face aux enjeux climatiques et économiques.